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A-HA

 
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Sa biographie

À LA RECONQUÊTE DE LA PLANÈTE POP
L'automne est une saison évocatrice dans l'histoire de A-Ha, et ce n'est pas seulement une affaire de sentiments historiques. Il s'agit également de leurs vies aujourd'hui. C'est une époque de l'année marquée par des étapes créatives importantes pour ce groupe, la propriété musicale issue de Norvège à avoir eu le plus de succès de tous les temps ¿ et cela continue jusqu'à cette minute précise, avec la sortie à l'automne 2005 de Analogue, le huitième album studio de A-Ha, ainsi qu'une tournée mondiale.
Oui, cela arrive également dans la foulée de quelques souvenirs d'été tout frais : avoir joué au concert de Berlin du Live8 et avoir ensuite rassemblé selon certaines sources le public le plus nombreux dans l'histoire norvégienne au Frognerparken d'Oslo à la fin août, "juste nous et 120 000 de nos plus proches amis", comme le dit Magne Furuholmen. Tout ceci faisant écho à la reconnaissance de la valeur du catalogue de A-Ha par des personnalités aussi notoires que Chris Martin et Robbie Williams.
Mais le nouvel album et la tournée arrivent également exactement vingt ans après que A-Ha eut raflé la première place du Billboard Hot 100 et conquis la planète pop avec "Take On Me", avant de commencer à montrer que ce n'était là que la partie émergée de l'iceberg d'un collectif complexe et sophistiqué. En tant qu'amis, musiciens, stars et êtres humains, ils sont depuis allés jusqu'au ciel et en sont revenus. Analogue est leur nouveau rapport d'activité et n'appelez pas ça une conclusion heureuse, parce que l'¿uvre de A-Ha est, comme toujours, fascinante et en perpétuelle évolution.
Vous pouvez examiner vous-mêmes les grandes heures de leur histoire.
Automne 1980, Furuholmen et Paul Waaktaar-Savoy présentent leur premier disque au monde entier (ou du moins à un tout petit pourcentage du monde entier) en tant que membres d'un groupe nommé Bridges. Automne 1983, avec Morten Harket installé sur le devant de la scène, le trio désormais appelé à se faire connaître sous le nom de A-Ha signe un contrat discographique mondial avec Warner Brothers.
Automne 1985, non seulement "Take On Me" devient leur hymne mais pratiquement la chanson emblématique de la pop des années 80 elle-même, étayée par leur premier album Hunting High and Low. Automne 1986, le célèbre et éternel clip de cette chanson remporte quatre récompenses lors des MTV Video Music Awards et A-Ha commence à se diversifier, en publiant son second album, majoritairement produit par ses soins, Scoundrel Days.
A l'automne 1990, ils décrochent leur treizième single classé au top 30 d'affilée en Angleterre, leur "seconde patrie" où ils avaient fait leurs premières armes avant de connaître la gloire. Cette même saison, en 1994, une pause de cinq ans, non annoncée, ouvre les vannes de l'expression individuelle. Arrivé en 1998, A-Ha confirme sa reformation qui conduit aux albums Minor Earth, Major Sky en 2000 et Lifelines en 2002.
Ceci est un survol délibérément rapide du passé de A-Ha, simplement parce que leur présent est trop vital. Vous comprendrez pourquoi à la minute même où vous écouterez Analogue. Sans aucun doute, ils ont changé et mûri en deux décennies passées sous le regard du public, et bien sûr, il y a des forces créatrices distinctes et  hétérogènes qui tirent le disque dans des directions différentes.

DU PUR A-HA
Mais c'est ce qui est excitant : le fait que Morten, Magne et Paul aient concentré leurs énergies sur les tensions positives conduisant à la fabrication d'un grand nouveau disque, dans l'environnement d'un nouveau label. Du premier single, le tout à la fois glacé et chaleureux "Celice", à des titres instantanés et incontestables comme "Analogue" et "'Halfway Through The Tour", en passant par le profond et délicat "Keeper of the Flame" et l'un de leurs propres favoris, le sophistiqué "Cozy Prison", c'est un album qui explore de nouveaux territoires, mais qui est  incontestablement du pur A-Ha.
Il est temps que nous les laissions expliquer cela. "Ce que chacun de nous apporte dans le groupe aujourd'hui, dit Magne, ce sont les forces que nous avons développées individuellement, qui se mélangent à nouveau, et cela crée une dynamique totalement différente. Sur les deux derniers albums, les luttes internes étaient quasiment devenues le point focal de notre direction musicale. Maintenant, je pense que nous avons fait un album plus clair, plus cohérent, où nous sommes prêts à amener ensemble le groupe vers de nouveaux horizons."
"Tout est très différent, acquiesce Morten. Nous sommes chez Universal maintenant, c'est nouveau pour nous et cela a un effet sur de nombreuses choses. D'une certaine façon, c'est une chance de tout recommencer à nouveau. Tous les trois, nous sommes quelque part au milieu d'un processus de changement. Il y a tant de variables entre nous trois, qui sont essentiellement de solides atouts mais qui doivent entrer en jeu librement."
Paul rebondit sur ce thème de "recommencer à nouveau" après leurs projets individuels les plus récents (sa femme Lauren et lui au sein du groupe Savoy, Harket et Furuholmen avec chacun des disques solos). "Je pense que nous avons utilisé beaucoup de chansons que nous avions en stock, et donc nous devions repartir à zéro pour cet album", dit-il.
"Le dernier était très éparpillé, parce qu'il y avait tellement de producteurs différents, comme autant de cuisiniers. Sur cet album, nous avons essayé d'éviter cela en travaillant avec une seule personne (le producteur Martin Terefe). Nous avons également passé de très bons moments au mixage avec Flood, j'étais un énorme fan de la plupart des choses qu'il a faites auparavant (Smashing Pumpkins, U2, PJ Harvey, Depeche Mode...)."
Dans la grande tradition du groupe, "Celice" attire également beaucoup l'attention en raison d'une vidéo remarquable. Tellement remarquable, en fait, qu'elle rend nerveux quelques programmateurs de chaînes de télévision. Elle a été filmée en partie dans une maison close de Berlin, à l'aide d'une ingénieuse caméra thermique. "C'est une idée forte, avec des petites anecdotes visuelles de gens dans différents états d'aventures sexuelles et d'isolation", dit Magne. "C'est principalement une performance vidéo, mais nous pensons tous que nous aurions pu y faire un bon travail d'acteurs si on nous l'avait demandé", dit-il, pince-sans-rire.
"Celice a été écrite presque plus comme une ballade suicidaire", dit Furuholmen. "Je n'étais pas sûr que j'allais la proposer pour ce disque, et puis Martin Terefee a dit ¿Cette chanson est un hit, il faut juste que nous en fassions une version rapide.' Il est revenu avec un brouillon et il a complètement changé ma perception de la chanson. Le texte est plutôt sombre et dur, mais de la façon dont nous le percevons, c'est devenu une chose à double tranchant, comme un truc poppy rapide. Je pense que les chansons de A-Ha ont toujours eu des sujets durs et sombres. (Le hit de 1986) "I've Been Losing You" est un peu une chanson à propos d'un meurtre."

UN RETOUR SUR L'HISTOIRE DU GROUPE
La nature rétro du titre de l'album, Analogue, fait partie du processus consistant à incorporer leur histoire dans leur futur. Tout spécialement pour un groupe qui a été soudainement entraîné dans un tourbillon d'adoration de la part de ses fans, d'intrusion de journaux à scandale et, au bout du compte, d'interprétation erronée de son identité musicale.
"La première année, dit Morten, il était difficile pour nous d'évaluer ce que nous faisions, de savoir comment c'était reçu. Nous apparaissions quelque part et on nous prenait en photo, sans même remarquer que le fond était rose. Tu apparais d'une façon très différente de celle dont tu te vois toi-même. Nous étions considérés comme des idoles pour adolescents, et rien de tout ça ne nous intéressait. Ça avait tellement peu à voir avec les raisons pour lesquelles nous étions là."
"A l'époque, on était moins portés à guider notre carrière,
se souvient Paul. On se pointait et on faisait plus ou moins ce qu'on nous demandait de faire. C'était tellement éclatant, d'arriver de Norvège et de mettre un pied dans la porte, qu'on ne revendiquait aucune direction."
"En tant que groupe, nous avons toujours senti que nous étions intègres, en dépit de la difficulté de nous retrouver face à l'hystérie qui entourait le groupe dans les premières années,
dit Magne. N'importe quel groupe ayant une trajectoire comme la nôtre, en ayant un premier single énorme qui devient un moment tellement déterminant dans sa carrière, plutôt que de payer son dû avant d'avoir du succès, le paye par la suite."
La tournée, qui, en septembre 2005, comprenait la première date du groupe aux Etats-Unis depuis quasiment vingt ans, présente des chansons de Analogue au côté d'une pléiade de hits de A-Ha, joués avec une attitude fraîche et rafraîchissante.
"Nous avons fait un retour sur notre histoire et nous l'avons réexaminée différemment, en célébrant un peu plus ce que nous avions fait par le passé, dit Magne. Ça ne vient pas seulement du temps qui est passé, mais aussi du fait d'avoir fait tant de choses différentes. Ça recharge tes batteries psychiques et amène une nouvelle dynamique dans le groupe."
C'est le secret de ce qui va arriver ensuite à A-Ha, et comme leurs légions de fans, ils sont excités par ce sens de la perspective. "Ça a été beaucoup plus facile pour nous parce que nous sommes simplement ce que nous sommes aujourd'hui, dit Morten. J'aime le fait que nous cherchions quelque chose d'un peu différent. Ce que je trouve intéressant dans la vie, ce sont les ambiances perpétuellement changeantes, et le fait que rien ne puisse vraiment rester pareil, il faut jouer avec et réagir en fonction de ça. Ça peut être une direction de travail très intéressante à explorer."