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GABRIELLE
Gabrielle est l'une des rares artistes britanniques, sinon la seule, de son envergure. Musicalement parlant, cet auteur-interprète couronné de lauriers a dominé les charts dès son premier single, grâce à un talent qui sait aisément marier les différents styles à la source de son inspiration pour produire un hybride original et très accessible. Artiste noire, elle est parvenue à séduire le grand public sans pour autant perdre les fans qui ont fait de son premier disque un tube.
Le retour de Gabrielle avec un album au titre des plus appropriés puisqu'il s'intitule Rise - qu'on peut traduire par « ascension », mais qui fait aussi référence au phénix se relevant de ses cendres - fait suite à une période difficile pour elle, tant dans sa vie professionnelle que privée. Le battage médiatique sur la condamnation de son ami ne menaçait-il pas d'éclipser ses propres mérites et son talent ?... et des mérites reconnus, qui plus est, puisque la jeune femme possède à son actif deux Brits Awards, un MOBO Award et un American Music Award. Heureusement, il en fallait plus pour abattre l'artiste, comme en témoigne sa musique, pleine d'optimisme, de romantisme, de passion et qui dénote un instinct de survie aiguisé.
Gabrielle : « Pour moi, cet album s'inscrit dans une logique. Je suis quelqu'un qui ne se laissera jamais abattre par quoi que ce soit ou qui que ce soit. » Elle souhaite préciser qu'il ne faut pas prendre ce disque comme une séance de psychothérapie car, même s'il comporte une part d'autobiographie, ce n'en est pas pour autant une chronique des trois dernières années qu'elle vient de passer. « Ecrire des morceaux autobiographiques peut prêter le flanc à la curiosité malsaine, mais je ne sais pas faire autrement : beaucoup de mes titres sont autobiographiques, même si c'est parfois d'une manière détournée. J'ai toujours adopté ce mode d'écriture. Ce n'est ni délibéré ni malhonnête c'est comme cela, c'est tout. A la base, c'est parce que mes chansons s'imprègnent des émotions que je ressens au moment où je les compose. »
Rise regorge de mélodies entraînantes et chaleureuses. Au travers de collaborations avec les producteurs Johnny Dollar (Massive Attack, Neneh Cherry), Richard Stannard (Spice Girls), Richie Fermie et d'un nouveau venu, Jonathon Shorten, l'album réussit à offrir un éventail de styles et d'ambiances qui lui donne tous les atouts pour en faire un tube.
Le single "Sunshine" est un fougueux remerciement adressé aux amis qui sont toujours à vos côtés pour vous redonner confiance en vous face aux doutes. Le morceau-titre - où figure un sample du standard "Knockin' On Heaven's Door" de Bob Dylan (agréé par le maître, ce qui est rare) - est ambitieux dans sa structure, mais précis dans ses effets. A noter aussi "5 O'Clock", pas de deux soulisant, aussi affriolant que funky.
Il y a aussi le sombre "If You Love Me" (qui fait penser à Eurythmics), la supplique adroite de "Tell Me What You Dream", ainsi que les incontournables "When A Woman" (digne du film Thelma et Louise) et "Falling", sorte de manifeste caracolant, prônant une remise de Motown à la mode des nineties.
Née dans la banlieue nord de Londres (à Hackney), Gabrielle vient d'avoir trente ans. Elle entame sa carrière en chantant gratuitement dans des clubs du West End, tout en travaillant le jour comme employée de bureau intérimaire. Tout change lorsqu'elle enregistre une maquette intitulée "Dreams" (inspirée du "Fast Car" de Tracy Chapman), qui atterrit entre les mains d'un directeur artistique de chez Go! Beat. Celui-ci fera réenregistrer le morceau à Gabrielle sans le sample. Au sommet des charts pendant trois semaines, il aura droit de figurer au Guiness des singles à titre de meilleure entrée dans les classements pour un premier disque et, qui plus est, de femme. Outre ce succès discographique, Gabrielle, avec son bandeau pailleté et ses accroche-coeurs à la Josephine Baker, est la coqueluche de l'Angleterre.
En trois années à peine, neuf singles (dont cinq placés au Top 10) et deux albums, Gabrielle s'imposera comme la plus grande chanteuse britannique de soul. Son premier opus, intitulé Find Your Way, comportait le très musclé "Going Nowhere" ainsi que "I Wish" et "Because Of You", tous deux classés au Top 20. C'est toutefois la sortie du single "Give Me A Little More Time", extrait de l'album du même nom (son second, daté de 1997) évoquant Bacarach & David, qui matérialise les potentialités de "Dreams". Il incarne en effet une sonorité qui, aujourd'hui, définit Gabrielle, met en exergue un talent indémodable, inspiré des classiques de la soul, mais aussi de la pop britannique du début des années quatre-vingt et où les deux se conjuguent en un style de chant original, évocateur et infiniment séducteur. Même sa collaboration avec le boys band East 17 ("If You Ever", classé au Top 3) exprimait une indéniable maturité. On ne s'étonnera donc pas que Gabrielle ait enregistré une reprise du "Walk On By" de Dionne Warwick : rétrospectivement, ce morceau lui allait comme un gant.
Gabrielle : « Mon créneau, c'est la pop avec un zeste de soul traditionnelle çà et là. J'exprime une certaine mélancolie, même si elle n'est pas toujours apparente. Qu'il s'agisse de pop, de soul ou de rock, je reste dans mon élément. Enfant, j'étais fondue de pop - "Off The Wall" de Michael Jackson, Wham!, Adam & The Ants, Diana Ross, Soul II Soul, Lisa Stansfield, Mantronix, Chaka Khan - et puis j'avais aussi la collection de ma mère - Marvin Gaye, Barry White, Bobby Womack, Dennis Brown... Alors, si on veut me mettre une étiquette, on n'a que l'embarras du choix. Si j'aime quelque chose, c'est sur cela que j'écris et que je chante, et si d'autres apprécient, cela me fait plaisir. » Globalement, « optimisme » est le mot d'ordre de Rise. Même si Gabrielle y affronte le doute, l'auto-apitoiement et le sentiment d'être affectivement inutile, elle sait y garder le juste équilibre : pas de place pour le mélodrame. Rise est certes autobiographique mais pas exhibitionniste, explicite mais pas nombriliste. Si, puisqu'il s'agit de soul, Gabrielle y met son âme à nu, c'est parce qu'elle sait que la musique est une forme d'évasion indispensable, qu'on soit musicien ou non. Rise est donc l'album le plus fort et le plus complet qu'elle nous ait proposé. tn_ecoute_texte.gif" name="ecoutxt3800010014911302" WIDTH="12" HEIGHT="12" ALT="" BORDER="0" NAME="ecoutxt" ALIGN="ABSMIDDLE">", classé au Top 3) exprimait une indéniable maturité. On ne s'étonnera donc pas que Gabrielle ait enregistré une reprise du "Walk On By" de Dionne Warwick : rétrospectivement, ce morceau lui allait comme un gant.
Gabrielle : « Mon créneau, c'est la pop avec un zeste de soul traditionnelle çà et là. J'exprime une certaine mélancolie, même si elle n'est pas toujours apparente. Qu'il s'agisse de pop, de soul ou de rock, je reste dans mon élément. Enfant, j'étais fondue de pop - "Off The Wall" de Michael Jackson, Wham!, Adam & The Ants, Diana Ross, Soul II Soul, Lisa Stansfield, Mantronix, Chaka Khan - et puis j'avais aussi la collection de ma mère - Marvin Gaye, Barry White, Bobby Womack, Dennis Brown... Alors, si on veut me mettre une étiquette, on n'a que l'embarras du choix. Si j'aime quelque chose, c'est sur cela que j'écris et que je chante, et si d'autres apprécient, cela me fait plaisir. » Globalement, « optimisme » est le mot d'ordre de Rise. Même si Gabrielle y affronte le doute, l'auto-apitoiement et le sentiment d'être affectivement inutile, elle sait y garder le juste équilibre : pas de place pour le mélodrame. Rise est certes autobiographique mais pas exhibitionniste, explicite mais pas nombriliste. Si, puisqu'il s'agit de soul, Gabrielle y met son âme à nu, c'est parce qu'elle sait que la musique est une forme d'évasion indispensable, qu'on soit musicien ou non. Rise est donc l'album le plus fort et le plus complet qu'elle nous ait proposé.
