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21.02.09 — Lord Kossity, “Le Best of”…
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Lord Kossity a déjà vécu plusieurs vies. Pour les anciens et tous ceux qui savent, il est au cœur de l’histoire du rap grâce à sa participation tonitruante à l’imparable tube des NTM “Ma Benz”. Pour ceux qui aiment le son épicé, Koss’ est la voix inimitable de dizaines de morceaux entre reggae et dancehall, l’homme de “Sexy Wow” et du hit antillais des nineties, “Vanessa”. Et pour ceux qui aiment les tubes, Lord Kossity, l’homme aux mille compositions, a de quoi satisfaire tout le monde avec “Morenas”, “Hotel Room” et quelques autres. Ce Lord de l’underground a choisi de sortir, enfin, son premier Best Of. Le gladiateur hip hop dancehall est de retour pour un premier bilan. Tous les tubes de Lord Kossity enfin réunis dans ce double Best of : “Ma Benz”, “Hotel Room”, “IV my People”, “Hey Sexy wow”, “Eenie Mini Mynie Mo”, “Morenas”, etc.

Lord Kossity, Le Best of, disponible en téléchargement.

 

 

 

 

 

 

Sa biographie
Lord Kossity a déjà vécu plusieurs vies.
Pour les nouveaux venus, il est celui qui a donné un peu de crédibilité à Clara Morgane dans sa nouvelle carrière musicale.
Pour les anciens et tous ceux qui savent, il est au cœur de l’histoire du rap grâce à sa participation tonitruante à l’imparable tube des NTM “Ma Benz”.
Pour ceux qui aiment le son épicé, Koss’ est la voix inimitable de dizaines de morceaux entre reggae et dancehall, l’homme de “Sexy Wow” et du hit antillais des nineties, “Vanessa”.
Et pour ceux qui aiment les tubes, Lord Kossity, l’homme aux mille compositions, a de quoi satisfaire tout le monde avec “Morenas”, “Hotel Room” et quelques autres.
Bref, on l’aura compris, Kossity n’est pas n’importe qui. Ceux qui l’ont découvert sur la scène de Bercy pour des featurings historiques avec Kool Shen et JoeyStarr ont instinctivement senti la bête de scène, celui qui ne plaisante pas et qui joue sa vie chaque fois qu’il empoigne le mic’.

La carrière de Koss’, alias Thierry, démarre paradoxalement en France métropolitaine : lui qui fut d’abord connu pour ses exploits dans le reggae dancehall a grandi en banlieue parisienne, où il a monté son premier groupe alors qu’il fait ses études à la fac de Villetaneuse. Ses influences ? Le rap révolté de Public Enemy et NWA. C’est à l’âge de douze ans que Kossity émigre en Martinique et découvre l’ambiance survoltée du dancehall antillais. Lorsqu’il revient à Paris à 18 ans, il se lance à corps perdu dans la musique et découvre le milieu des sound systems parisiens. Un choc. « L’ambiance était sulfureuse à cause des guerres intestines. Il y avait des mecs calibrés, des descentes en équipe, la drogue, la weed, c’était vraiment underground. Ce qui m’a plu là-dedans, c’était cette atmosphère de rébellion. Les marginaux comme nous se retrouvaient là-dedans. »

C’est en retournant en Martinique pour son service militaire, qu’il ne fera évidemment pas, que Kossity trouve sa voie. Il fait de la radio, écume les sounds locaux, rencontre la star locale Don Miguel avec qui il pose sur sa première compilation, Martinique Dancehall, en 1993. L’année suivante, le single “Vanessa” cartonne partout dans les Antilles, lançant celui qu’on appellera désormais Lord Kossity. « Je n’ai jamais compris pourquoi ça a marché, lâche Kossity en rigolant, mais c’est devenu un tube aux Antilles. J’ai ressorti un autre album dans la foulée en 1995, VIP, avec mon cousin Dr. G-Kill. Une semaine avant la sortie de l’album, on a eu un accident de voiture. Il est mort et moi j’ai eu le crâne ouvert. Ça m’a dégoûté, donc j’ai décidé de revenir à Paris. »

Ayant grandi à Vitry et Créteil, Lord Ko’ a une culture double, entre France métro et Dom Tom, entre hip hop underground et reggae dancehall. Le cul entre deux chaises, mais bien posé sur les riddims et les beats. Kossity transforme son handicap en avantage. Il a une voix, un look, une présence, et surtout une envie de manger le monde du showbiz qui va l’amener dans les hautes sphères des musiques urbaines.

En 1997, il fréquente le collectif Boogotop, où il croise Doudou Masta. Un des membres du posse le présente alors à JoeyStarr de NTM, qui se lie d’amitié avec le soldat ragga et va même l’accueillir chez lui pendant quelques mois. De fil en aiguille, les deux artistes se mettent à travailler ensemble. « Un soir, tard dans la nuit, on sortait d’un bar. On est allé au studio, et on a fait un morceau vite fait Joey et moi. Il me dit “Ça, on va le garder”. Moi je trouvais ça pas extraordinaire mais lui avait déjà l’oreille. L’instrumental était de RMI, ça devait être pour une compile et quand Kool Shen a posé sa voix dessus, c’est devenu un morceau de l’album d’NTM ». La chanson en question n’est autre que “Ma Benz”, hit légendaire qui doit beaucoup à la voix de basse de Kossity.

Après le succès du morceau et de l’album qui va avec, Kossity est courtisé par de nombreux labels, dont BOSS (fondé par Joey) et IV My People (fondé par Kool Shen). Finalement, il signe chez Naïve et part en Jamaïque où il enregistre avec le fameux producteur Clive Hunt la moitié de l’album Everlord, l’autre moitié étant réalisée par Kool Shen. D’un rare éclectisme, cet album audacieux surfe entre rap et dancehall, entre Victoria Abril et Kool Shen, et contient le fameux “Morenas”, dont il tourne le clip aux Bains, le club parisien branché d’où il se faisait recaler quelques mois avant. La carrière de Koss’ prend une tournure internationale quand il force la porte d’entrée des charts jamaïcaines : il est à ce jour le seul chanteur en français à avoir percé au pays du reggae.

En 2001, The Real Don cartonne aux Antilles. L’album ressort via Naïve avec une autre pochette et des morceaux inédits. Il obtient alors la Victoire de la Musique du meilleur disque de reggae. Retour au rap avec le fameux morceau “Gladiator” sur la compile Première Classe, un clash avec Jacky Brown qui fera couler beaucoup d’encre, mais pas de sang. Car Kossity est avant tout un artiste, pas un bad boy reconverti. Son goût pour le bon son brut se confirme en 2002 avec Koss City, un album où il a invité Princess Lover, Doc Gynéco et Matt Houston.

En 2004, Koss’ frappe fort : il signe avec ULM et repart à Kingston. Le résultat est Boomin’ System, sorti en 2005, dont le tube “Sexy Wow” donne le ton. On entend sur le disque Toots Hibbert, Chico, Shaggy, Elephant Man, le Martiniquais Junior Lee et Vibz Cartel, la star montante du dancehall dont s’est inspiré Sefyu. « Je tenais à bosser avec des pointures, ce que je fais toujours quand j’en ai les moyens. Je voulais être un précurseur, ramener le dernier truc du moment ». Mission accomplie, une fois de plus.

L’esprit ouvert, Kossity est aussi là où on ne l’attend pas forcément, comme sur la BO du film Iznogoud avec Michael Youn et en featuring sur le single sexy de Clara Morgane. « Même si je fais des chansons qui parlent de cul, j’ai aussi des choses à dire, précise Kossity. À la base j’étais un jeune artiste avec un côté rebelle, des revendications, un discours. Après, je me suis servi de ce que j’avais pour faire ma place. Et les places sont chères. La presse spé m’a soutenu au début, moins après. Quand j’ai signé en major c’est devenu compliqué, comme si j’avais vendu mon âme au diable alors que je délivre des albums avec un son béton et des featurings de qualité ».

Toujours sur la brèche, Kossity voyage, travaille avec des artistes de tous bords et, quelques années après son passage au Garance Reggae Festival, retrouve la scène de Bercy aux côtés de NTM pour cinq dates parisiennes historiques en septembre 2008. « Pour moi, c’est le plus grand groupe de rap qu’il y a eu en France, avec un impact qui dépasse le rap, une dimension sociale qui correspond à une génération, un phénomène national. Je suis heureux d’en faire partie ».

Un tel CV ne saurait être mis de côté : c’est aussi pour rappeler que la saga Kossity a tant de chapitres prestigieux que ce Lord de l’underground a choisi de sortir, enfin, son premier Best Of. « J’ai plusieurs types de publics, je me suis dit que ça serait bien de synthétiser tout ça, histoire de rappeler que j’ai fait plein de choses différentes avant de repartir sur de nouveaux projets. Il y a déjà une nouvelle génération qui ne connaît pas “Ma Benz” mais plutôt “Sexy Wow” et “Hotel Room”. Chaque titre, je l’assume pleinement. C’est une question de franchise vis-à-vis de mon parcours de marquer chaque époque. De “Vanessa”, mon premier tube antillais quand j’étais un jeune fou à la 2Pac, qui avec le recul me fait rigoler grave, à “Garde la tête haute”, titre très important parce que j’ai évolué dans cette ambiance reggae, “Ma Benz”, “Tout c’que t’as”, “IV My People”, “Eenie Minie Mo”, tous ces titres de la période NTM, notre âge d’or dans le hip hop ».
Le gladiateur hip hop dancehall est de retour pour un premier bilan. Et c’est une des premières bonnes nouvelles de l’année 2009.

Olivier Cachin