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Sa biographie

Souvent associée aux grands djs français et internationaux, depuis l’avènement de cette étiquette dans le paysage musical, la personnalité de Martin Solveig s’affirme un peu plus à chaque sortie, révélant un profil d’artiste à part entière. Auteur, compositeur, producteur et parfois même interprète, sa technique de création, son air sage et parfois détaché, son sens de l’autodérision, le singularisent dans une scène plutôt “bling-bling” et premier degré.

Ses influences premières sont éclectiques et son penchant électro n’a jamais occulté sa fascination pour Prince, Michael Jackson, Kurt Cobain, Lenny Kravitz, Björk, Fela Kuti, Stevie Wonder, Serge Gainsbourg…

Agé de 18 ans, il fait ses débuts au Palace. Très vite il édite des versions particulières de vieux morceaux, des boucles de percussions, pour les glisser dans ses sets avec l’apparition des graveurs de CDs.

A 21 ans, étudiant en école de commerce, il profite d’un stage pour monter son label Mixture et sort “Heart of Africa” en enregistrant la voix nasillarde de sa prof d’anglais. Ce premier succès d’estime vendu à 10 000 ex. vinyles attire l’attention de la scène house. Bob Sinclar l’invite sur son projet Africanism. Cette rencontre importante et le single “Edony” lui ouvrent les portes du cercle fermé des djs producteurs français qui s’exportent. Il commence à tourner en Europe, puis, diplôme en poche, troque définitivement la cravate pour le casque stéréo.

Son premier album, Sur la Terre, connaît des débuts timides ; c’est un remix pour la star malienne Salif Keita qui sert de détonateur et fait découvrir le nom de Solveig au grand public. “Madan” dépasse les 100 000 copies single France et est compilé plus de 500 fois dans le monde l’année de sa sortie.

Un an plus tard, Martin récidive avec “Rocking Music”, un titre sur lequel il affirme son identité : base funk, énergie contemporaine, voix en avant (fait assez rare dans l’électro). Il séduit pour la première fois le public anglais tant dans les clubs que sur Radio One.

Le succès des singles et un agenda dj copieux n’atténuent en rien son appétit pour la création. Son deuxième album Hedonist sort en 2005 et remporte un beau succès, porté par 4 singles : “Everybody”, “Jealousy”, “Something Better” et “Rejection”. Martin prend conscience de l’importance de mettre une image sur le son.

Il s’investit énormément dans la réalisation de ses vidéos, apprend au contact d’Arno Bani et de Tristan Séguéla, écrit le synopsis de “Jealousy” puis réalise “Rejection”, en opposition avec l’usage électro (qui consiste à ne pas trop se montrer), en rupture avec les conventions pop (qui impliquent d’apparaître plutôt à son avantage). Cette vidéo simple et originale, visionnée en millions de fois sur Internet, fixe l’univers visuel de son personnage et de son projet musical “from geek to chic”.

Trois ans plus tard, après un tour du monde et un premier disque d’or, il dévoile son troisième album C’est la Vie, au mois de juin 2008. Le premier single éponyme annonce la couleur de ce qui devrait être un tournant important… C’est la vie !

Martin Solveig a 31 ans, il aime l’art en général, avec une sensibilité toute particulière pour la peinture et les créations contemporaines ainsi que l’économie et la sociologie, les bagnoles anglaises de collection, l’idée de voler (pas à l’étalage), les bistrots parisiens, le Baron (il faut être honnête), le Japon. Il a été récemment décoré du titre de “Chevalier des arts et des lettres”.

 

C’est la vie » : un 3ème album, un tournant artistique…

C’est un troisième album, certains prétendent que c’est le plus difficile. Sûrement parce qu’en 3 albums, on doit faire le tour de son identité artistique. Sa conception débute fin 2007. Martin a commencé à freiner fortement son activité de dj souhaitant donner la priorité à la création. C’est le cap de la trentaine, la remise en question de postulats admis jusqu’alors, une réflexion sur le sens de la vie. Bref une prise de tête sans nom et le plus gros “writer’s block” de sa jeune carrière.

Martin ne manque pas d’idées mais veut complètement cerner une direction avant de se lancer. C’est curieusement dans le rock et l’écoute passionnée des trois albums des Strokes qu’il trouvera une réponse. Bien sûr la maîtrise des New-Yorkais impressionne mais au-delà, c’est l’attitude qu’il retient. Sur un post-it, il note “Music is simple”. Moins réfléchir et prendre plus de plaisir. Si le succès résonne “sécurité” pour certains, “confort” pour d’autres, Martin le traduit par “liberté”. “I just want to be free, c’est la vie”.

Et l’histoire débute enfin. Un beat funk enregistré par un batteur rock, un clin d’oeil à Prince dont l’album Parade traîne toujours sur le bureau, une révision du Juno 106 qui n’a pas servi depuis 10 ans, un coup de fil à Jay Sebag son acolyte chanteur (“Rocking Music”, “Something Better”, “Rejection”). Le titre “C’est la Vie” est né, il est assez engagé, funk presque autoritaire dans le son, léger dans le propos à première écoute mais finalement on peut trouver un peu de sens si on le souhaite.

Il y a souvent plusieurs niveaux de lecture dans le travail de Martin, ainsi les vocalises a priori fédératrices de “Everybody” (2005), sonnaient une petite révolte, dans le texte “I don’t wanna be like… Everybody”. La posture est un peu moins lisse qu’elle n’en a l’air. Le contre emploi très “warholien” des symboles pop est omniprésent dans ce nouvel album : “Poptimistic”, “Beauty False”, “Superficial”.

Une fois la direction établie, les morceaux voient le jour (et la nuit) en quelques semaines. Martin élabore seul. Il avoue une quasi-incapacité à composer en équipe. Quand l’ossature est établie, en revanche, il aime confronter son travail avec ses proches, son équipe.

Cette dernière commence à être bien rôdée et induit presque une logique de groupe, à commencer par les interprètes : Jay Sebag (“C’est la Vie”, “Some Other Time”), Stephy Haïk (“Butterfly”, “Touch me”), et le soul man Lee Fields (“I Want you”, “Superficial”). Les trois protagonistes ont des registres bien distincts : puissants pour les garçons, poétique pour Stephy. Martin prend un plaisir intense dans la direction et l’enregistrement des chanteurs.

L’expérience des titres passés et une complicité très forte lui permettent d’aller plus loin dans l’interprétation. « Pour “Butterfly”, je mimais des battements d’ailes en faisant des tronches pas possibles, pour qu’on entende le sourire dans la voix » raconte Martin.

Il y a aussi de nouvelles collaborations. Chakib Chambi, chanteur du très newcomer groupe de rock In The Club interprète “One 23 Four”. « Je l’ai découvert dans une petite salle de concert parisienne et ai immédiatement manifesté l’envie de bosser avec lui ».

Par ailleurs, 2 titres ont été co-composés avec Michael Tordjman. Les garçons se côtoient de longue date depuis l’aventure Africanism chez Yellow et trouvent un terrain de création assez inédit, par itérations à coup d’échange de mp3 par mail. A l’arrivée, l’élégant “Some Other Time” et un ovni : “Beauty False”. Ce dernier titre constitue une sorte d’hommage aux années folles que ni l’un ni l’autre n’a connu, du 60’s swing aux accents très contemporains.

Martin, c’est une autre surprise de C’est la Vie, en assure l’interprétation. C’est également le cas sur “Bottom Line” et “Give it to me”. Il utilise le micro comme instrument instinctif de création, chante, bruite une ligne de basse ou un pattern rythmique. Certaines voix et bruits sont restés parce que la première intention était la bonne.