


1981 - Lars Ulrich, un Danois d'origine qui pensait un temps se lancer dans une carrière de tennisman professionnel (comme papa !), est présenté à James Hetfield. « Le gamin le plus en colère de la terre », à Los Angeles. Ils décident alors de former un groupe et de le baptiser Metallica, des fois que viendrait à certains l'idée de les confondre avec un ensemble de jazz de la vieille école ! Ils recrutent ensuite un bassiste nommé Ron McGovney et un guitariste, Dave Mustaine.
1983 - Après deux ans passés à faire la nique et à rendre coup pour coup à la pénible scène glam-metal de Los Angeles. Metallica émigre à San Francisco, où réside le nouveau membre du groupe, le génial et excentrique bassiste Cliff Buton. C'est néanmoins à New York qu'est enregistré le premier album Kill 'em all - vitesse, énergie, innocence - mais sans Dave Mustaine, entre-temps remplacé par Kirk Hammett. Avec
Kill 'em all, Metallica tient sa revanche sur le glam, cette première bombe sonnant le glas d'un genre à l'agonie.
1984- Le deuxième album, Ride the lightning, voit le jour. Horreur, malheur, cet album tout en rage et en furie sombre, commence par des sonorités de guitare... acoustique ! Quelques mois plus tard, 3 000 groupes au bas mot sauteront dans le même wagon. Bien qu'accueilli par une indifférence générale auprès des radios commerciales.
Ride the lightning sera disque d'or et squattera le Top 200 du Billboard pendant 50 semaines.
1986 - Master of Puppets - inexorable, intense, mélodique --déboule. Ce troisième album redéfinit ce que certains ont cru bon d'appeler le "thrash metal" (metal "de poubelle"). Sans le moindre single ou la plus petite vidéo, choses auxquelles Metallica ne goûte alors que très peu (doux euphémisme !),
Master of Puppets passe le cap du million d'albums vendus pour le seul marché américain.

Alors qu'il sillonne l'Europe pour une tournée en tête d'affiche, le tour-bus de Metallica dérape sur une route verglacée en Suède. Cliff Burton est tué sur le coup. Néanmoins, pas question pour Metallica d'arrêter, qu'il s'agisse de la tournée ou du groupe lui-même. « Cliff aurait été le premier à ne pas le supporter », commente Lars. Quelques semaines plus tard, un nouveau bassiste est trouvé en la personne de Jason Newsted.



1987 - Metallica revient en Europe pour assurer les quelques shows annulés suite au décès de Cliff.
De retour à San Francisco, le groupe transforme le garage de Lars en un local de répétitions et enregistre une poignée de reprises parmi ses préférées. Il en résultera le mini-album
$5.98 garage days revisited. Dans le courant de l'été, Metallica se produit au festival des Monsters of Rock, avec au préalable un "concert échauffement" au London 100 Club. John Paul Jones, le légendaire bassiste de Led Zeppelin, est aperçu dans la foule, puis serrant quelques mains backstage, avant de quitter les lieux grommelant un indicible « Je ne croyais pas qu'un truc pareil était possible ! »
1988 - Metallica propose
Clif 'Em all, une vidéo dédiée à leur ami disparu et regroupant essentiellement des séquences live, filmées par les fans. Après quoi, ils s'embarquent pour une tournée américaine dans le cadre des Monsters of Rock, renvoyant à leurs chères études les Van Halen, Scorpions et autres Kingdom Come. C'est ensuite une nouvelle tournée mondiale sous son propre nom, avec pas moins de 120 dates dans les stades US au compteur. Le tout sans jamais jouer les lèche-bottes auprès d'un producteur de MTV ou d'un programmateur radio. Quant à And justice for all, le quatrième album servant de support à cette tournée marathon, tout va bien pour lui, merci...
Alleluia ! Pour la première fois, Metallica consent à extraire deux singles de l'album. "Harvester of sorrow" et "One". Alleluia, part II. Deux clips des mêmes titres font leur apparition !
1991
- Metallica Metallica, le cinquième album : simplicité, tonalités douces-amères et plombage poids lourd. Celui que les fans baptiseront très vite le "black album" est produit par Bob Rock, connu notamment pour son travail avec Bon Jovi. Pour certains au sein du rock-business, ce "black album" est parfois perçu comme le moment plus fort de la carrière de Metallica. D'autres osent même avancer qu'il s'agit là du seul fait marquant dans un parcours alors long de dix ans.


« La nature humaine est étrange, s'amuse alors Lars. D'un seul coup, il y a eu toute cette hystérie collective qui ne reposait sur rien. Mais bon, ce fut marrant à suivre malgré tout. Aujourd'hui, And Justice for all sonne comme s'il avait été enregistré dans une boîte d'allumettes. A l'époque, c'était du genre "Eh, regardez comme nous sommes capables de vous pondre des trucs bien compliqués, bien barrés." Ouais, et alors ? Metallica en appelle maintenant davantage à l'émotion. Plus de colère quand il s'agit d'être en colère, plus de subtilité quand il s'agit d'être subtil. »
« Pas de règle, Metallica EST la règle », s'emporte alors James Hetfield pour nous résumer l'humeur du groupe. « Voilà pour vous : pochette noire, logo noir et allez vous faire voir ! » Le single Enter Sandman est un carton planétaire et deviendra vite un moment-clé sur scène, comme le seront "Sad but true", "Nothing else matters", "Wherever
I may roam". Entre août 1991 et juillet 1993, Metallica va donner plus de 300 concerts à travers le monde. Leur réputation de groupe scénique parmi les plus excitants de tous les temps ne tarde pas à s'imposer définitivement. Les commentateurs assurent que Metallica est le groupe qui a sorti le heavy metal de son ghetto. Nos quatre cavaliers ("four horsemen", l'un de leurs nombreux surnoms auprès des fans) peuvent alors s'accorder un an de vacances.
1995 - Estampillée Escape from the studio '95, Metallica s'offre une petite distraction pour se produire à Castle Donington en Angleterre, devant 60 000 personnes. Ils rentrent aussitôt aux States afin de poursuivre les enregistrements du prochain album, pour lequel Bob Rock est à nouveau réquisitionné. De fébriles rumeurs circulent dans tous les sens : Metallica a dû s'imposer ses propres échéances, et ils auraient déjà de quoi remplir deux albums...
1996 - Le groupe annonce qu'il sera tête d'affiche du prochain Lolapalooza, le désormais incontournable festival itinérant américain. Load est enfin sur le point de voir le jour. Metallica réécrit l'histoire !
« Nous sommes plus que jamais à plein potentiel », conclut Kirk Hammett. « Tout nous est possible. »
quisitionné. De fébriles rumeurs circulent dans tous les sens : Metallica a dû s'imposer ses propres échéances, et ils auraient déjà de quoi remplir deux albums...
1996 - Le groupe annonce qu'il sera tête d'affiche du prochain Lolapalooza, le désormais incontournable festival itinérant américain. Load est enfin sur le point de voir le jour. Metallica réécrit l'histoire !
« Nous sommes plus que jamais à plein potentiel », conclut Kirk Hammett. « Tout nous est possible. »