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Sa biographie

PRODUCTION MUSICALE DE LA FORÊT NOIRE
Jusqu'à aujourd'hui encore, les petits labels allemands de jazz ont toujours bénéficié, dans le monde entier, d'une excellente réputation. Cela est non seulement dû à la liberté artistique qu'ils accordent à leurs musiciens mais également au proverbial sérieux germanique. Si ce trait de caractère est la plupart du temps considéré comme peu attrayant, force est de constater qu'il a fait la preuve de son utilité lorsqu'il se traduit par un niveau d'exigence élevé à l'égard de la qualité technique des enregistrements. Fondés et dirigés par des producteurs ayant en commun l'exigence de leurs critères esthétiques, des labels comme ECM, Enja Records, CMP, FMP, VeraBra Records et JMT ¿ rebaptisé Winter & Winter par la suite ¿ ont apporté (et apportent toujours) une contribution de taille à la richesse de la scène jazz internationale.
Toutefois, avant que les labels mentionnés précédemment (ainsi qu'une multitude d'autres passés sous silence) ne fassent de la production jazz une spécialité allemande, un homme de Villingen, dans la Forêt Noire, avait fait ¿uvre de pionnier.
A partir de 1963, Hans Georg Brunner-Schwer (ou HGBS) sortit des albums de jazz sur le label Saba. En 1968, après s'être retiré de cette entreprise familiale, Brunner-Schwer entra en  possession de l'intégralité de son catalogue musical et fonda un nouveau label, MPS Records. MPS était l'élégant acronyme d'un nom quelque peu prosaïque, Musik Produktion Schwarzwald (Production musicale de la Forêt Noire). Le sérieux de ce nom ne déteignit  heureusement pas sur les enregistrements auxquels le label donna naissance. Au début des années 1980, MPS Records produisait ce que le "grove dictionary of jazz" décrirait plus tard comme "l'un des catalogues jazz les plus fournis et variés d'Europe". Finalement, Brunner-Schwer se retira de l'industrie du disque et vendit son label à Philips Autriche qui, plus tard, devint partie intégrante du groupe Universal Music.
La redécouverte de l'énorme catalogue du label MPS commença au début des années 1990 lorsque Christian Kellersmann de Universal Jazz lança une série de réédition de grands classiques du pianiste Oscar Peterson, du joueur de trombone Albert Mangelsdorff, du clavier George Duke et d'autres pointures internationales. En 1993, le DJ, producteur et fondateur du label Talkin' Loud, Gilles Peterson (rejoint ensuite par son collègue allemand Rainer Trüby) entama la série de compilations Talkin'Jazz. Les choix surprenants opérés par Peterson et Trüby pour les trois Talkin' Jazz témoignaient d'une connaissance étonnante des pépites qui avaient été oublié au sein des archives du label MPS durant des années voire des décennies. Ces compilations attirèrent l'attention d'un nouveau public et de nouveaux DJs et remixers sur les artistes et les albums du label MPS. Les compilations extrêmement populaires conçues par Oliver Korthals du légendaire Mojo Club à Hambourg, Mojo Club Presents Dancefloor Jazz, eurent un effet similaire.

L'ESPRIT DES "MPS SESSIONS" ORIGINALES RÉANIMÉ
Il était temps pour certains des DJs et Remixers les plus renommés de la planète de s'emparer du matériau original du label MPS, suivant en cela l'exemple donné par Verve avec Verve / Remixed (les volumes 1 et 2 sont sortis respectivement en 2002 et 2003) et Blue Note avec Blue Note Revisited, autre album de remix.
De fait, certains des "remixers" impliqués dans ce projet n'étaient pas particulièrement familiers avec le catalogue MPS. "Appartenant à la génération du zapping et du mp3, je n'ai jamais été un collectionneur de disque au sens classique du terme", avoue la star suédoise du remix Eric Wahlforss (également connu sous le nom de Forss). Avant de faire ce mix, je ne connaissais MPS que de nom. Mais lorsque Claas de Jazzanova m'a fait écouter "Speech Craft" [de Horst Jankowski], j'ai été réellement emporté. C'est le jazz à son summum ; ça a été très stimulant de faire ce mix, même si je n'avais à ma disposition qu'un master et une copie du disque. Depuis lors, j'ai redécouvert de grands artistes comme Peter Herbolzheimer et George Duke et maintenant, j'ai conscience que certaines de leurs meilleures productions sont sorties sur MPS."
La sélection des titres est tout aussi éclectique que le catalogue MPS lui-même. Des artistes américains comme George Duke, Dave Pike, Don Menza, The Singers Unlimited et Mary Lou Williams sont mêlés tant à leurs équivalents allemands et autrichiens, Wolfgang Dauner, Horst Jankowski, Peter Herbolzheimer, Erwin Lehn, Hans Koller qu'au line-up international du Clarke-Boland Big Band.
Le classique latino "Um Grao de Areia" a été merveilleusement retravaillé le Britannique Matthew Herbert, qui a pris tout le monde par surprise en mettant sur pied son propre Matthew Herbert Big Band et en délivrant l'album Goodbye Swingtime. On peut voir dans la surreprésentation de remixers anglais comme Two Banks Of Four (composé de l'ex-star de Talkin' Loud Rob "Galliano" Gallagher et de son comparse américain Dillip Harris), les Stereo MC's et le trio londonien Spacek (formé de Steve Spacek, Morgan Zarate et Edmund Cavill). Mais bien sûr, cette compilation comprend également certains des remixers allemands les plus doués : The Original Jazz Rockers (un groupe de DJ emmené par le vétéran du Mojo Club Oliver Korthals), Soulpatrol (comptant en ses rangs DJ Michael Rütten, le producteur et hôte de l'émission radiodiffusée dans le monde entier "Compost Rec.") et le Frank Popp Ensemble, groupe familier des charts. La dimension internationale de ce projet est renforcée par la présence de Dzihan et Kamien (Vlado Dzihan et Mario Kamien), de DJ DSL de Vienne, de King Britt de Philadelphie, des Parisiens de Château Flight (Gilbert Cohen et Nicolas Chaix alias DJ Gilb'r et I:Cube) et du Canadien Kevin Moon, également connu sous le patronyme de Moonstarr.
Chacun de ces remixeurs a réservé au titre qu'il a retravaillé un traitement unique témoignant d'un grand respect à l'égard de l'original et comportant son lot de surprises. Une chose est sûre : les Jazz Reworks - The New MPS Sessions réaniment l'esprit qui a présidé à la plupart des sessions originales dirigées par Hans Georg Brunner-Schwer et ses partenaires Joachim Ernst Berendt et Willi Furth.

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