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NAAB

 
NAAB
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Sa biographie


Nouveau bourgeon à fleurir dans le terreau du label Bloom, Naab signe un premier album fertile, marqué par une totale liberté de style. Dès l'intro, une incursion dans les allées d'un souk, l'auditeur est happé dans un univers fantastique qui se joue de la géographie et du temps. Ici, gembri et tablas s'unissent sur un breakbeat jungle, lui-même poussé par un souffle de cordes majestueuses. Là un orchestre oriental s'invite dans un sound-system enfiévré. Plus loin, des funky basslines, des claviers analogiques, des bruitages électro, des chants orientaux... L'unité de ces grooves polyglottes, c'est la "patte" du compositeur : un va-et-vient constant entre appel à la danse et densité des climats émotionnels, mouvement des corps et élévation de l'esprit. Rencontre à trois temps...
Dans un bistrot du quartier des Abbesses à Paris
Naab adore les rencontres, les discussions, les autres. Tchatcheur né, il se souvient des soirées où il faisait office de radio, de human beat box, de conteur... Lui, il est plutôt sobre, bavard et ouvert aux autres comme un griot malien. Il a toujours eu besoin de s'exprimer.
Ca a commencé tout gosse, à Brest, dans les radio-crochets, puis il y a eu le hip-hop, la danse et les premiers groupes, dont Hee Soon, au début des années 90. Du rap excentrique, parfumé d'échos de la culture berbère de ses parents, avec des instruments sur scène... Naab compose, produit ses premiers sons sur Atari, Cubase et S950. Parallèlement il travaille un répertoire plus personnel, inclassable, une sorte de trip-hop réinventé par ce b-boy berbère de Brest. C'est en 1999 que Naab sort, chez Island, son premier maxi quatre titres : "L'étranger", featuring Roya Arab, la voix d'Archive.


Sur les marches du Sacré-Cœur
On prend un peu de hauteur sur Paris. Et sur l'album. Naab le voit comme un reflet de son parcours : "C'est l'histoire d'un enfant d'immigrés qui a la nostalgie d'un pays où il n'est jamais né, la mélancolie d'avoir grandi dans le gris... Il rêve de nature, de figuiers, de soleil, de culture berbère, mais quand il regarde autour de lui, il n'y a que des bâtiments, la banlieue de Brest". De ce schéma désormais classique, Naab a tiré l'énergie, le besoin d'inventer une réponse, de canaliser le flot des émotions. Sa musique concentre les rythmes de la ville, la technologie, la force de l'imaginaire, le retour aux racines, le nomadisme culturel, le réconfort de la Foi, l'esprit de la fête...
Pour en arriver là, Naab a bossé ses compositions avec plusieurs musiciens (Sofiane au chant, Jérôme Kerihuel aux tablas, Disco à la basse) avant de partir les ouvrir à des artistes marocains, rencontrés pour certains complètement par hasard. De retour en France, c'est Philippe Teissier du Cros qui a assuré le mixage des titres. "Un type super, qui a vraiment senti ce qu'il pouvait apporter au projet. De toute façon je ne travaille qu'avec des gens avec qui il se passe réellement quelque chose de profond..."
"Dans l'appart" de Naab
A peine arrivé chez lui, Naab lance un thé à la menthe et plonge dans sa collection de vinyles pour en extraire Gratitude d'Earth, Wind & Fire. On discute en savourant "Sun Goddess". La conversation décolle, on parle d'Islam, d'Amour, de voyage, de liberté... Naab jongle avec les galettes comme avec les pièces d'un trésor. Elle est là aussi l'inspiration, dans ces années 70 où la production soul-funk trouve un juste équilibre entre efficacité et innovation, entre groove et développements harmoniques, légèreté et engagement social. On pense à Sly Stone, Stevie Wonder, George Clinton ou Sun Ra, à ce cocktail détonnant d'engagement politique et spirituel, de science du son...